L’Homme et ses erreurs

Dans ce livre de métaphysique, je pars du constat que notre raison d’être ne pourrait se concevoir isolément : elle est intimement liée à celle d’autrui ainsi qu’à la raison de toute chose se présentant à notre esprit. Nous voilà donc contraints, pour exister, d’octroyer un sens au monde. Or je suggère que ce sens est arbitraire ; il n’est justifié en rien, l’existence n’étant fondée sur aucun fait tangible. Il s’agit dès lors, pour l’être humain, non pas d’aboutir à une quelconque vérité, mais d’assumer son erreur ontologique. Ceci aura, comme je tâcherai de le démontrer dans ce livre, des implications scientifiques (relation entre l’être, ses observations et la notion d’ordre) et métaphysiques (condition de l’être, ses limites et prolongements) profondes.

L’existence est en perpétuel mouvement, elle est un souffle, composé de progressions et de ruptures. Ce souffle ne serait cependant que pure agitation si l’être conscient ne lui attribuait pas une certaine continuité esthétique, c’est-à-dire s’il ne se concevait pas lui-même, ainsi que la réalité qui l’entoure, de façon suffisamment stable et cohérente pour autoriser l’émergence de sa conscience. La réalité est, en tant que telle, pur chaos ; elle n’inclut aucune forme ni aucun ordre, seul l’être conscient lui prête de telles propriétés. Il le fait pour la beauté du geste, et y met d’autant plus de bonne volonté que son existence lui apparaîtrait, sinon, infondée.

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